Si le nom de Calder ne vous dit rien, vous avez pourtant sûrement déjà croisé l’un de ses célèbres mobiles quelque part. Vous savez, ces grandes structures métalliques qui semblent tenir debout par miracle et dont les formes bougent au moindre courant d’air… Eh bien, figurez-vous que certaines de ses créations n’ont pas été montrées au public depuis des décennies ! C’est notamment le cas des Granettes, une sculpture monumentale réalisée en 1953 et exposée pour la dernière fois en 1954. Mais après 72 ans d’absence, elle fait enfin son grand retour à Paris à partir de ce lundi 19 octobre 2026. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, elle sera accompagnée d’une autre œuvre de Calder que personne n’avait encore eu l’occasion de découvrir en Europe. Le tout dans une magnifique galerie du 8e arrondissement, avec une entrée entièrement gratuite jusqu’au 19 décembre !
Calder : François Premier, une exposition gratuite pour découvrir deux œuvres exceptionnelles
📍 Adresse : Galerie Hauser & Wirth, 26 bis rue François-Ier, 75008 Paris
📅 Dates : Du 19 octobre au 19 décembre 2026
🕒 Horaires : Du mardi au samedi, de 10h à 18h
🎉 Vernissage : Lundi 19 octobre, de 18h à 20h, au rez-de-chaussée uniquement
🎟️ Tarif : Gratuit, sans réservation
🔗 Informations : Site officiel de l’exposition
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Pour comprendre pourquoi cette exposition est aussi particulière, il faut remonter au début des années 1950. À cette époque, Alexander Calder est déjà un artiste reconnu dans le monde entier. Ses sculptures mobiles ont fait sa réputation et ses œuvres sont présentées dans les plus grands musées. Mais en 1953, l’Américain décide de revenir vivre en France avec son épouse Louisa, après une vingtaine d’années passées de l’autre côté de l’Atlantique.
Le couple pose d’abord ses valises près d’Aix-en-Provence, dans une maison de campagne qui n’a ni eau courante ni électricité. Pas franchement le grand luxe pour un artiste de cette renommée ! Mais Calder semble parfaitement s’en accommoder. Il profite de l’espace et de la tranquillité des lieux pour expérimenter de nouvelles façons de travailler, notamment sur des sculptures destinées à être installées en plein air.
C’est pendant cette période qu’il réalise Les Granettes, un immense mobile sur pied composé de formes métalliques rouges, blanches et noires. Présentée à Paris en 1954, l’œuvre rejoindra ensuite la propriété du couple à Saché, en Indre-et-Loire, où elle restera à l’abri des regards du grand public pendant plus de sept décennies.
Et c’est justement cette sculpture que la galerie Hauser & Wirth a décidé de remettre à l’honneur cet automne. Une occasion assez exceptionnelle quand on sait que la dernière présentation publique remonte à 72 ans !
Les Granettes et The Putney Mobile, deux sculptures qui défient les lois de l’équilibre
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Ce qui nous fascine chez Calder, c’est cette capacité à transformer de lourdes plaques de métal en structures qui semblent presque flotter dans les airs. Et quand on découvre la façon dont il travaillait, on comprend encore mieux pourquoi ses sculptures sont aussi impressionnantes.
Pour réaliser Les Granettes, l’artiste avait pris l’habitude de se rendre dans une forge située près de sa maison provençale. Plutôt que de préparer de petites maquettes, comme il le faisait habituellement, il dessinait directement ses formes à la craie sur de grandes plaques d’acier avant de les découper et de les assembler.
Une méthode qui ne laissait pas beaucoup de place à l’erreur, surtout avec des matériaux aussi imposants.
Le résultat est pourtant assez incroyable. Avec ses polygones suspendus et ses couleurs vives, Les Granettes donne l’impression de tenir dans un équilibre précaire, alors que chaque élément a été pensé pour fonctionner avec les autres.
Et pour accompagner cette œuvre, la galerie a réussi à réunir une autre création de la même époque, The Putney Mobile, réalisée en 1954. Cette fois, Calder a imaginé une structure beaucoup plus aérienne, composée de fils métalliques entrelacés et de formes blanches suspendues.
La particularité de cette seconde sculpture, c’est qu’elle n’avait encore jamais été exposée publiquement en Europe. Elle sera installée au-dessus des Granettes, permettant aux visiteurs de découvrir les deux œuvres dans un même espace. Une rencontre assez rare entre deux créations qui montrent à quel point Calder aimait jouer avec le mouvement, le poids et la gravité.
Des dessins et des gouaches pour découvrir un autre visage de Calder
On associe tellement Alexander Calder à ses mobiles qu’on en oublierait presque qu’il était aussi peintre et dessinateur. Pourtant, pendant ses années françaises, il a réalisé un nombre important d’œuvres sur papier, parfois dans des conditions assez étonnantes.
Dans la maison qu’il occupait près d’Aix-en-Provence, Calder avait notamment transformé une ancienne remise à voitures en atelier. C’est là qu’il passait une bonne partie de son temps à travailler l’encre et la gouache, avec des compositions qui reprenaient souvent les formes et les mouvements de ses sculptures.
Et c’est une autre bonne raison de découvrir cette exposition, puisque la galerie Hauser & Wirth a également réuni plusieurs de ces créations réalisées entre 1953 et 1954.
Au deuxième étage, les visiteurs pourront notamment retrouver The Black Star, une composition très colorée datant de 1953, mais aussi des paysages abstraits et des dessins de personnages aux traits presque entièrement constitués de hachures.
Des œuvres qui n’ont pas forcément le côté spectaculaire des grandes sculptures du rez-de-chaussée, mais qui permettent de mieux comprendre l’imagination débordante de Calder. On retrouve les mêmes recherches sur les formes, les lignes et les couleurs, simplement transposées sur du papier.
Et quand on sait que l’artiste travaillait parfois sur ses gouaches pendant des journées entières, on se dit que ces dessins méritent bien qu’on leur accorde un peu d’attention !
Une exposition gratuite dans un hôtel particulier du 8e arrondissement
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Autre bonne raison de faire le déplacement, le lieu lui-même mérite qu’on s’y attarde.
Depuis 2023, la galerie Hauser & Wirth occupe un hôtel particulier du XIXe siècle, situé au 26 bis rue François-Ier, à quelques minutes des Champs-Élysées. Le bâtiment a été entièrement réaménagé pour accueillir des expositions d’art moderne et contemporain, avec de grandes salles lumineuses et un rez-de-chaussée dont la hauteur sous plafond atteint six mètres.
Autant dire qu’il fallait bien ça pour exposer les sculptures monumentales de Calder !
Et il y a une petite histoire amusante derrière le nom de cette exposition. Lorsque Calder et son épouse s’installent en Indre-et-Loire, ils achètent une maison du XVIIe siècle baptisée François Premier. Plus de soixante-dix ans après, voilà que ses œuvres se retrouvent exposées dans une galerie située rue François-Ier. Une coïncidence qui a donné son nom à l’événement.
Pour ceux qui voudraient découvrir les sculptures dès aujourd’hui, un vernissage gratuit est organisé ce lundi 19 octobre, de 18h à 20h. Attention tout de même, cette soirée se déroulera uniquement au rez-de-chaussée de la galerie.
Si vous souhaitez voir l’ensemble de l’exposition, notamment les gouaches et les dessins présentés à l’étage, mieux vaut donc venir à partir du mardi 20 octobre.
Et pas besoin de vous précipiter puisque Calder : François Premier restera accessible gratuitement jusqu’au 19 décembre 2026. De quoi s’offrir une belle parenthèse artistique au cours des prochaines semaines, sans dépenser un centime !
*Image de couverture générée par IA – Ne représente pas l’exposition réelle