Nous voilà déjà en février et les premières vacances de l’année pointent le bout de leur nez. Certains vont filer au ski, d’autres vont rester à Paris : et franchement, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Parce que côté expos, vous allez voir que ce mois ci, il y a vraiment de quoi faire à Paris. Entre hommage à Barbara, rétrospective posthume du génial Martin Parr et travail fascinant de Dana Lixenberg sur l’Amérique, on a de quoi s’occuper les yeux et la tête. Alors sans plus attendre, voici notre sélection des 7 expos à ne surtout pas rater à Paris en février 2026 !

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1. “Dis, quand reviendras-tu ?” : une expo gratuite et émouvante qui rend hommage à Barbara

📍 Adresse : BnF François-Mitterrand, quai François Mauriac, 75013 Paris
📅 Dates : Jusqu’au 5 avril 2026
💶 Prix : Gratuit

On commence par un coup de cœur. « Dis quand reviendras-tu ? Barbara et son public » est le genre d’expo qu’on ne voit pas venir et qui vous attrape par les tripes.

La BnF François-Mitterrand a eu la bonne idée d’exploiter le fonds d’archives donné en 2023 par l’association Barbara Perlimpinpin pour raconter la relation unique, presque charnelle, entre Barbara et celles et ceux qui venaient l’écouter. On parle ici de documents couvrant la période 1981-1997, soit les dernières années de carrière de la chanteuse — et pas les moins intenses.

Le parcours aligne vinyles, vidéos, affiches, partitions, coupures de presse et programmes de concerts. On tombe sur des photographies avec François Mitterrand et Line Renaud, on retrace le chemin depuis les cabarets belges jusqu’aux derniers concerts en 1993.

Mais ce qui rend cette expo vraiment forte, c’est le volet consacré à son engagement contre le sida : la chanson « Sid’amour à mort », la distribution de préservatifs lors de ses spectacles, ses actions en milieu hospitalier et carcéral.

Une lettre de détenues de Fresnes est exposée, et elle vaut à elle seule le déplacement. Seul petit regret : pas de piano ni d’objets personnels majeurs — on reste sur de l’archive pure. Mais pour une expo gratuite, c’est un cadeau. Et 30 ans après la disparition de Barbara (24 novembre 1997), il était temps de rouvrir ces tiroirs. Ses 15 albums studio (1955-1996) méritaient bien ça.

2. « Global Warning » : La satire mordante de la société de consommation par Martin Parr

📍 Adresse : Musée du Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris
📅 Dates : Jusqu’au 24 mai 2026
💶 Prix : 14 € (plein), 9,50 € (réduit), 7,50 € (moins de 25 ans)

 

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Celle-ci, on l’attendait. « Global Warning » est la première exposition posthume d’envergure consacrée au photographe britannique Martin Parr, et le Jeu de Paume était le lieu parfait pour l’accueillir.

180 œuvres, 5 sections thématiques, 50 ans de carrière compressés entre les murs d’un des plus beaux espaces photo de la capitale. C’est dense, c’est généreux, et c’est exactement ce qu’il fallait pour rendre hommage à un artiste de cette trempe.

Ce qui a toujours rendu Parr aussi essentiel, c’est son regard critique et ironique, jamais moralisateur. On rit, on grimace, on se reconnaît parfois (et ça pique). Ses sujets de prédilection sont là : le tourisme de masse, l’hyperconsommation, la dégradation environnementale, les inégalités sociales.

Ses terrains de chasse aussi : Irlande, États-Unis, Amérique latine, Japon, Inde, Émirats arabes unis. Le ton oscille entre sarcasme, poésie et désillusion, et chaque salle réserve son lot de claques visuelles.

Les formats sont variés : portraits, scènes quotidiennes, paysages… et la scénographie rend justice à l’énergie folle de son œuvre. On ressort de là avec l’impression d’avoir fait le tour du monde et d’en revenir un peu moins naïf. C’est probablement l’expo photo la plus importante de ce début d’année à Paris, et à 14 € en plein tarif, on ne va pas se priver.

3. « American Images » : Dana Lixenberg déconstruit le mythe du rêve américain à la MEP

📍 Adresse : Maison Européenne de la Photographie, 7 rue de Fourcy, 75004 Paris
📅 Dates : Du 11 février au 24 mai 2026
💶 Prix : de 8 € à 14 €

 

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On continue avec une expo qui mérite qu’on s’y attarde. Dana Lixenberg est une photographe néerlandaise installée à New York depuis 1989, et son travail sur les États-Unis s’étale sur plus de trente ans. « American Images » à la MEP rassemble le meilleur de cette documentation au long cours, et le résultat est saisissant. On est loin du cliché glamour sur l’Amérique : ici, on déconstruit pièce par pièce le mythe du rêve américain.

Ce qui rend le travail de Lixenberg aussi percutant, c’est sa manière de mettre sur un même plan des célébrités et des anonymes. On passe d’un portrait de Tupac Shakur ou de Prince à des visages inconnus, des vies oubliées. Ivana Trump côtoie des résidents de quartiers défavorisés de Los Angeles. Toni Morrison voisine avec des scènes tournées en Alaska, en Indiana, au Texas ou en Floride. Le parcours mêle portraits, installations vidéo et Polaroids, avec une évolution stylistique marquée du noir et blanc vers la couleur.

Son projet primé « Imperial Courts », toujours en évolution, documente les fractures socio-économiques de Los Angeles depuis les années 1990 — c’est un travail au long cours comme on en voit rarement. Ses images ont été publiées dans Rolling Stone, The New Yorker, Vibe et Newsweek, ce qui donne une idée de la reconnaissance dont elle bénéficie outre-Atlantique. Cette expo est une belle occasion de découvrir une artiste encore trop peu connue en France, et la MEP lui offre un écrin à la hauteur.

4. « All Inclusive » : Kourtney Roy à Citéco, quand le glamour vintage critique l’industrie touristique mondiale

📍 Adresse : Citéco, Cité de l’économie, 1 place du Général Catroux, 75017 Paris
📅 Dates : Du 20 février au 20 septembre 2026
💶 Prix : 10 € (plein), 8 € (réduit) – réservations via Paris je t’aime

Voilà une expo qui risque de prendre tout le monde à contre-pied. « All Inclusive » de Kourtney Roy s’installe à Citéco, la Cité de l’économie, et c’est un choix de lieu malin.

Cette photographe et réalisatrice canadienne née en 1981 a bâti un univers visuel très reconnaissable : des autoportraits mis en scène dans un style rétro années 1950, avec couleurs saturées, poses glamour et décors léchés. Au premier regard, on pourrait croire à un shooting de mode vintage. Sauf que non. Derrière la surface lisse, tout grince.

L’expo rassemble trois séries : « In Between Worlds », « The Tourist » et « Sorry, No Vacancy », qui fonctionnent ensemble comme un triptyque redoutable.

Le sujet de fond traite des dérives de l’industrie touristique, de son impact environnemental, des migrations qu’elle génère et des inégalités qu’elle creuse. Roy ne pointe personne du doigt, elle ne condamne pas frontalement.

Elle nous tend un miroir, avec un sourire figé des fifties, et c’est précisément ce qui rend son travail aussi efficace. Le principe de la double lecture, beauté apparente contre critique sous-jacente, fonctionne à chaque image.

Citéco a eu la bonne idée d’accompagner le tout avec des dispositifs pédagogiques sur l’économie du tourisme, ce qui ancre les photographies dans le réel et donne des clés de compréhension supplémentaires. On ressort avec l’envie de repenser un peu nos habitudes de voyage, sans se sentir culpabilisé pour autant. C’est fin, c’est intelligent, et l’expo dure jusqu’en septembre 2026.

5. « Lumière du Nord » au Musée d’Orsay : une parenthèse contemplative à travers les dessins scandinaves et hollandais du XIXe siècle

📍 Adresse : Musée d’Orsay, 62 rue de Lille, 75007 Paris
📅 Dates : Du 10 février au 10 mai 2026
💶 Prix : 16 € (plein), 13 € (réduit), gratuit pour les moins de 26 ans

 

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On change complètement de registre avec « Lumière du Nord », l’expo discrète du cabinet d’arts graphiques du Musée d’Orsay. Pas de grandes affiches dans le métro pour celle-ci, et c’est dommage, parce qu’elle vaut vraiment le coup d’œil.

Le principe : une sélection de dessins scandinaves et hollandais du XIXe siècle, centrée sur le traitement de la lumière nordique, les paysages symbolistes et les scènes intimistes de foyers du Nord.

On y retrouve des noms majeurs comme Carl Larsson et Peder Severin Krøyer, mais aussi des artistes beaucoup moins connus — Carl Johan Forsberg, Philippe Smit — que le musée a la bonne idée de remettre en lumière.

C’est justement ce mélange entre acquisitions récentes et œuvres centenaires qui rend le parcours intéressant : on découvre autant qu’on redécouvre. Les atmosphères contemplatives et silencieuses de ces dessins tranchent avec le rythme habituel des grandes expos parisiennes, et ça fait un bien fou.

On est dans quelque chose de plus intime, de plus lent, qui demande qu’on prenne le temps de regarder. L’expo participe à l’enrichissement des collections d’art étranger du musée, et c’est le genre d’initiative qu’on aimerait voir plus souvent.

Petit bonus non négligeable : l’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans. Et la nocturne du jeudi jusqu’à 21h45 permet d’y aller après le boulot, dans le calme.

6. « Illusions croisées » : Dalí x Rubinstein, le dialogue surréaliste et cinétique prolongé à Montmartre

📍 Adresse : 11 rue Poulbot, 75018 Paris
📅 Dates : Jusqu’à Décembre 2026
💶 Prix : 16 €

 

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L’expo « Illusions croisées » à Dalí Paris a déjà quelques mois dans les pattes, mais sa prolongation jusqu’à Décembre 2026 est une excellente nouvelle. Le concept est aussi simple que gonflé : faire dialoguer le surréalisme de Salvador Dalí avec l’art cinétique figuratif de Patrick Rubinstein.

Sur le papier, on pourrait craindre le grand écart. En réalité, les correspondances visuelles entre les deux artistes sont troublantes et le parcours fonctionne remarquablement bien.

Dalí Paris abrite déjà la plus grande collection privée consacrée à Dalí, plus de 300 œuvres issues de la collection Beniamino Levi, entre sculptures, gravures, peintures, dessins et aquarelles. L’apport de Rubinstein vient bousculer cet ensemble avec des œuvres cinétiques qui se transforment selon le point de vue du visiteur.

Les thèmes communs ne manquent pas : la féminité, la métamorphose (les papillons reviennent souvent), le temps, la spiritualité, la culture pop.

On passe d’une Vénus de Milo dalínienne à des muses florales signées Rubinstein, et le dialogue tient la route. Pour cette prolongation, l’expo a été enrichie de nouvelles créations exclusives de Rubinstein autour du temps fragmenté, ce qui justifie une deuxième visite pour ceux qui l’avaient déjà vue.

La scénographie immersive avec espaces interconnectés tire bien parti du lieu, perché en haut de la butte Montmartre. Un bon prétexte pour monter là-haut, même en février.

7. « Planète préhistorique », des dinosaures à l’Atelier des Lumières : l’expérience immersive qui nous propulse 66 millions d’années en arrière

📍 Adresse : Atelier des Lumières, 38 rue Saint-Maur, 75011 Paris
📅 Dates : Jusqu’au 8 mars 2026
💶 Prix : 11 € – 18 €

On termine avec un format qu’on n’avait encore jamais vu à l’Atelier des Lumières. « Dinosaures, l’expérience immersive – Planète préhistorique » rompt avec les expositions artistiques habituelles du lieu (Klimt, Van Gogh, Cézanne…) pour proposer une exposition-documentaire immersive, réalisée en collaboration avec le studio Lightroom et basée sur les images du documentaire Apple TV « Planète préhistorique ». Et le pari est réussi.

La narration, portée par la voix de Gérard Lanvin, nous embarque dans un voyage temporel de 66 millions d’années, structuré en chapitres thématiques. On croise des T-Rex, des Isisaurus, des ptérosaures, des vélociraptors — terrestres, aquatiques, volants — dans des scènes de chasse, de reproduction, de combats et d’éclosion. La vulgarisation scientifique est solide, basée sur les recherches fossiles les plus récentes, et le tout reste accessible aux néophytes.

Petit conseil pratique : il faut se déplacer dans l’espace pendant la visite, car les projections simultanées diffèrent d’un mur à l’autre. On ne reste pas planté au milieu de la salle, on bouge, on tourne la tête, on lève les yeux. C’est clairement pensé pour un public familial, même si certaines scènes de prédation peuvent impressionner les plus petits. L’expo se termine le 8 mars 2026, donc c’est maintenant ou jamais — on ne va pas attendre 66 millions d’années de plus.

 

Photo de couverture générée par IA

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