Il y a certaines périodes où l’on se pose beaucoup de questions, et nous, notre grande question du moment c’est : par laquelle commencer ? Eh oui, entre Van Gogh, Monet ou encore Cézanne il y a pas mal de beau monde qui voit ses œuvres exposées à Paris ! Il va donc falloir être efficace si vous voulez tout voir et ne passer à côté d’aucun incontournable. Pour vous aider dans cette tâche plutôt plaisante, Outgomag vous a donc concocté une sélection des 7 expos à ne surtout pas rater à Paris en octobre 2026 !
1. « Gustave Fayet, collectionneur-créateur » à la Fondation Louis Vuitton : le Van Gogh que la France n’avait plus vu depuis 1937
📍 Adresse : Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris
📅 Dates : Du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027
💶 Prix : 18 € (plein tarif), 10 € (moins de 26 ans et étudiants), 5 € (moins de 18 ans)
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On commence par le gros morceau de la rentrée. Si le nom de Gustave Fayet ne vous dit rien, c’est normal : ce collectionneur né en 1865 est resté dans l’ombre des artistes qu’il a soutenus. Il a pourtant été l’un des tout premiers à collectionner du Van Gogh, à exposer Picasso et à monter chez lui, en plein cœur de Paris, un véritable musée Gauguin de près de 200 œuvres.
Et c’est la Fondation Louis Vuitton qui lui ouvre tous ses espaces à partir du 9 Octobre avec plus de 250 œuvres de sa collection, aujourd’hui dispersée aux quatre coins du monde, et 375 créations signées Fayet lui-même, pour la plupart jamais montrées au public. Mais le vrai choc, c’est le fameux Autoportrait à l’oreille bandée et à la pipe de Van Gogh, peint en janvier 1889. Le tableau n’a pas été exposé en France depuis 1937 et n’a plus été prêté pour une exposition depuis 1990. Il fait face à l’Autoportrait à la palette de Gauguin, et ce face-à-face vaut à lui seul le déplacement.
Et ce n’est pas tout. Fayet était aussi peintre, céramiste et créateur de tapis, de tissus et de papiers peints, et le dernier étage lui est entièrement consacré : 49 céramiques, 87 aquarelles sur papier buvard, des tapis restaurés pour l’occasion et des robes liées à Paul Poiret, Jacques Doucet et Jeanne Lanvin. Bref, on vous conseille vraiment de réserver votre billet pour cette expo qui risque de réunir pas mal de curieux.
2. « Remember Me » à la Bourse de Commerce : 700 photographies pour fêter les 200 ans de la photo
📍 Adresse : Bourse de Commerce, Pinault Collection, 2 rue de Viarmes, 75001 Paris
📅 Dates : Du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027
💶 Prix : 15 € (plein tarif), 10 € (tarif réduit)
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En 1826, Nicéphore Niépce réalisait la première photographie permanente de l’histoire. Deux siècles plus tard, la Bourse de Commerce sort l’artillerie lourde pour fêter ça : environ 700 œuvres de plus de 70 artistes, piochées dans une collection Pinault qui compte à elle seule 8 000 photographies.
Le parcours, imaginé avec Matthieu Humery, conseiller photographie de la Collection Pinault, laisse la chronologie au vestiaire. Le fil rouge, c’est la mémoire : comment une image garde la trace d’un visage, d’un moment, d’une époque. Résultat, les périodes se répondent librement, de Gustave Le Gray à Cindy Sherman, de Dorothea Lange à Wolfgang Tillmans, en passant par Man Ray et Louise Lawler. Le pari est audacieux, et c’est ce qui le rend excitant.
Deux noms sont particulièrement à l’honneur : Irving Penn et Raymond Depardon. Et dès la Rotonde, on tombe sur l’installation monumentale de Barbara Kruger, dont l’œuvre Remember Me a donné son titre à toute l’expo.
Et pour vivre une expérience un peu plus singulière, une nocturne gratuite est aussi proposée les premiers samedis du mois, de 17h à 21h. Si la photo est votre truc, c’est clairement l’expo de la rentrée.
3. « Monet, peindre le temps » à l’Orangerie : le centenaire de sa mort en 40 toiles, à deux pas des Nymphéas
📍 Adresse : Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, place de la Concorde (côté Seine), 75001 Paris
📅 Dates : Du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027
💶 Prix : 12,50 € (plein tarif), 10 € (tarif réduit), gratuit pour les moins de 18 ans
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Claude Monet est mort en 1926. Cent ans plus tard, le musée de l’Orangerie lui rend hommage avec un angle malin : le temps. Près de 40 peintures racontent comment le peintre a couru après ce qui ne s’arrête jamais, la lumière qui change, l’heure qui tourne, la saison qui avance, la météo qui s’en mêle.
Le parcours fait défiler les séries qui ont bâti sa légende : Les Meules, Les Peupliers, les Cathédrales. Chaque fois, le même motif, sous une lumière différente. Tout converge ensuite vers les Nymphéas, ce bassin de Giverny que Monet a peint sur plus de 250 toiles avant de concevoir les immenses panneaux installés à l’Orangerie en 1927.
Et c’est là que le lieu joue son rôle : le musée abrite justement ces grandes décorations. On voit donc le cheminement de Monet dans l’expo, puis le résultat final à quelques salles de là. L’exposition est coorganisée avec la Tate Modern de Londres, où elle sera présentée du 25 février au 27 juin 2027.
4. « Cezanne et nous » au Grand Palais : l’influence de Cézanne sur Picasso, Matisse et Mondrian
📍 Adresse : Grand Palais (galeries 3 et 4), 17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
📅 Dates : Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027
💶 Prix : 19 € (plein tarif), 16 € (tarif réduit), gratuit pour les moins de 18 ans
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Cézanne, tout le monde pense le connaître. Sauf que l’expo du Grand Palais ne raconte pas seulement le peintre : elle raconte ce qu’il a fait aux autres. Près de 180 œuvres, dont environ 70 de Cézanne, sont mises face à celles d’artistes qui l’ont regardé, prolongé ou contesté : Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou encore Peter Doig.
Le fil de l’histoire se déroule en trois temps. À la fin des années 1880, des artistes découvrent ses toiles dans la boutique du père Tanguy, alors que lui ne cherche plus à exposer. Vient ensuite la reconnaissance, avec les premières expos montées par le marchand Ambroise Vollard et le Salon d’automne de 1907. Enfin, Cézanne devient une référence pour les avant-gardes du XXe siècle, de l’abstraction lyrique à l’abstraction géométrique, en passant par le hard edge.
C’est la première fois qu’une expo raconte en même temps l’influence de Cézanne et le parcours de ceux qui se sont réclamés de lui. Elle est coproduite par le GrandPalaisRmn, le Centre Pompidou et les musées d’Orsay et de l’Orangerie. Autant dire que le casting est solide, et que La Montagne Sainte-Victoire au grand pin ne sera pas seule à faire le job.
Pour faire court, si Cézanne ne vous a jamais vraiment parlé, c’est l’expo qu’il vous faut.
5. « Eva Gonzalès, parcours d’une artiste libre » au Petit Palais : la première grande rétrospective de l’unique élève de Manet
📍 Adresse : Petit Palais, 2 avenue Winston-Churchill, 75008 Paris
📅 Dates : Du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027
💶 Prix : 14 € (plein tarif), 12 € (tarif réduit), gratuit pour les moins de 18 ans
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Contemporaine de Berthe Morisot et de Mary Cassatt, Eva Gonzalès reste bien moins connue du grand public. Elle a pourtant exposé au Salon de 1870 à 1883 et elle fut la seule élève d’Édouard Manet. Le Petit Palais répare enfin l’oubli avec près de 100 œuvres : peintures, pastels et gravures.
C’est la première expo de cette ampleur depuis la rétrospective organisée à Paris en 1885, deux ans après sa mort. Le projet est monté avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam, où il voyagera en février 2027, et bénéficie du soutien exceptionnel du musée d’Orsay.
Fille d’un journaliste et homme de lettres et d’une musicienne qui tenait salon, Gonzalès grandit au cœur de la scène artistique parisienne. On retrouve dans le parcours Une loge aux Italiens (vers 1874), Le Clairon (1870) et Le Réveil (1877), des toiles où l’influence de Manet affleure sans jamais étouffer une patte déjà très personnelle. Des œuvres de Morisot, Cassatt et Marie Bracquemond viennent en contrepoint pour éclairer la place des femmes artistes à la fin du XIXe siècle.
Gonzalès est morte en 1883, à 36 ans. Un destin qui rend l’expo d’autant plus touchante. Et petit bonus : des conférences gratuites sont programmées à 12h30, comme celle du 13 octobre consacrée à l’atelier pour femmes de Charles Chaplin. Foncez, ça se visite en famille comme en solo.
6. Rafael Pavarotti au musée des Arts décoratifs : 200 tirages ultra colorés du photographe brésilien qui a photographié Rihanna, Beyoncé et Harry Styles
📍 Adresse : Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris
📅 Dates : Du 2 octobre 2026 au 2 mai 2027
💶 Prix : 15 € (expo et collections, audioguide inclus), gratuit pour les moins de 26 ans (selon disponibilité)
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Couleurs intenses, cadrages marqués, poses qui sortent du cadre : on reconnaît une photo de Rafael Pavarotti au premier coup d’œil. Le musée des Arts décoratifs lui consacre sa première expo en France, avec plus de 200 tirages mis en regard de photos de la collection du musée. Au menu, si l’on peut dire : des couvertures de magazines, des portraits de Rihanna, Beyoncé et Harry Styles, et des campagnes pour Dior, Balmain, Maison Margiela ou Ferragamo.
Né en 1993 dans l’État du Pará, en Amazonie, Pavarotti s’est mis à la photo vers 12 ans avec l’appareil de son père. Rio, São Paulo, Londres : son chemin l’a ensuite mené jusqu’à Paris, où il s’est installé. En février 2022, sa couverture du British Vogue avec neuf mannequins noirs a marqué les esprits.
Son travail met en avant des corps et des identités qu’on voit encore peu dans la mode, dans un univers où se croisent culture pop et touches de surréalisme. Il construit ses images avec les mannequins, en piochant dans leurs souvenirs et leurs idées. Le parcours dévoile aussi les étapes de fabrication d’une image, des premiers croquis à la publication.
C’est l’expo parfaite pour tous ceux qui pensent que la mode, c’est superficiel. Elle prouve exactement le contraire.
7. « Brassaï, l’œil de Paris » au Hangar Y : le Paris nocturne des années 1930 en 100 photographies, juste à côté de Paris
📍 Adresse : Hangar Y, 9 avenue de Trivaux, 92190 Meudon
📅 Dates : Du 17 octobre 2026 au 21 février 2027
💶 Prix : 10 € (plein tarif), 8 € (tarif réduit)
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On termine par une petite escapade : cette expo se tient à Meudon, juste à côté de Paris, au Hangar Y. Elle réunit une centaine de tirages de Brassaï, tous issus de la collection personnelle de son épouse Gilberte et conservés dans le cercle familial jusqu’à aujourd’hui. L’expo a été conçue en exclusivité pour le lieu et ne sera présentée qu’une seule fois.
Le parcours suit le photographe dans le Paris des années 1930, de jour comme de nuit : rues éclairées, brumes du matin, cafés, bals musette, soirées mondaines. On y croise aussi ses portraits d’artistes et d’intellectuels, de Picasso à Matisse et Dalí. Né Gyula Halász en 1899 à Brassó, il a choisi son pseudonyme en hommage à sa ville natale, et c’est son livre Paris de nuit, paru en 1933, qui l’a fait connaître.
Le plus fascinant reste sa façon de travailler. Pour ses clichés de nuit, Brassaï mesurait les distances avec une ficelle à nœuds et réglait ses temps de pose sur la durée de combustion de ses cigarettes. Voilà qui donne une autre dimension à ses images, que son ami Henry Miller avait résumées en le surnommant « l’œil de Paris ».
Good to know : Le billet inclut l’accès au parc. Un Paris vu depuis Meudon, ça change, et on aime ça.
Photo de couverture : Générée à l’aide de l’intelligence artificielle