Le métro parisien regorge de mystères et de lieux méconnus. Parmi eux, les fameuses « stations fantômes », ces arrêts fermés au public, parfois même jamais inaugurés. Oubliées des voyageurs, elles font pourtant partie intégrante de l’histoire souterraine de la capitale. Certaines ont été reconverties en lieux insolites, d’autres servent de décors pour le cinéma. Partons à la découverte de ces 11 stations fantômes qui intriguent tant les Parisiens.

1. Porte des Lilas, la star des stations fantômes transformée en cinéma

porte lilas

La plus célèbre des stations fantômes parisiennes est sans conteste Porte des Lilas. Située sur la ligne 3bis, elle n’a jamais pu ouvrir ses portes, le prolongement de la ligne ayant été abandonné.

Mais ce lieu unique a trouvé une seconde vie en devenant un spot prisé des réalisateurs. Des films cultes comme Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Les Rois mages ou Supercondriaque y ont été tournés. Lors d’occasions exceptionnelles comme les Journées du patrimoine, le public peut aussi découvrir cette station pas comme les autres.

2. Haxo, la station fantôme du 19e arrondissement qui n’a jamais vu le jour

Enclavée sous le boulevard Sérurier, la station Haxo fait partie des grands projets inaboutis du métro parisien.

Elle devait permettre de relier Place des Fêtes à Porte des Lilas mais les travaux ont été abandonnés dans les années 1920, avant même la construction d’un accès en surface. Depuis, cette énigmatique station fantôme n’a jamais connu la ferveur des voyageurs et repose dans un silence intrigant.

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3. Porte Molitor, l’autre projet avorté de station dans le 16e

Le 16e arrondissement abrite lui aussi une station fantôme méconnue : Porte Molitor. Planifiée en 1923 pour assurer la jonction entre les lignes 9 et 10 et desservir le Parc des Princes, elle n’a finalement jamais été réalisée.

Aujourd’hui, ses voies servent principalement de garage pour les rames de la RATP. Un destin bien différent de celui imaginé initialement !

4. Arsenal, fermée depuis 1939 dans le 4e arrondissement

Sur la ligne 5, entre Bastille et Quai de la Rapée, se cache la station fantôme Arsenal. Ouverte en 1906, elle a définitivement fermé ses portes en 1939 lors de la mobilisation des agents du métro.

Jugée trop proche des autres arrêts dans ce quartier central de Paris, elle n’a jamais été rouverte depuis. Ses accès murés intriguent les passants de la rue de Lyon qui ignorent son existence.

5. Champ de Mars, la station condamnée près de la Tour Eiffel

Autre victime de la fermeture de 1939, la station Champ de Mars a connu une courte existence de 1913 à 1939.

Située sur la ligne 8 à deux pas de la Tour Eiffel, elle a été jugée redondante avec la station La Motte-Picquet – Grenelle, déjà bien connectée. Depuis plus de 80 ans, elle repose dans le silence sous la rue de Belgrade.

6. Croix-Rouge, éphémère et emblématique station de la ligne 10

croix rouge

Entre Sèvres-Babylone et Mabillon sur la ligne 10, la station Croix-Rouge a elle aussi été condamnée suite à des travaux de réaménagement en 1939.

En 1983, elle a connu une renaissance temporaire le temps d’une installation artistique signée Guy-Antoine Bonhomme qui l’a transformée en plage éphémère, préfigurant Paris Plages. Mais depuis, cette station chargée d’histoire est retombée dans l’oubli.

7. Saint-Martin, de la fermeture à la reconversion solidaire

Saint-Martin est une station fantôme pas comme les autres. Située sur la ligne 8 entre Strasbourg-Saint-Denis et République, elle a définitivement fermé en 1939 malgré une fréquentation importante.

Mais ses locaux ont été réinvestis par l’Armée du Salut qui y a installé un accueil de jour pour les sans-abris. La station sert aussi régulièrement de décor pour des tournages. Une reconversion utile et originale.

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8. Liège, la seule station fantôme du 8e arrondissement

La ligne 13 compte une seule station fantôme : Liège. Ouverte en 1911 pour desservir le quartier de l’Europe, elle ferme définitivement en 1931 en raison de la faible fréquentation et de la proximité avec la station Place de Clichy.

Ses accès condamnés boulevard des Batignolles sont les seuls vestiges de cette station oubliée.

9. Martin Nadaud, fermée pour une bien triste raison

Près de la Place Gambetta, la station Martin Nadaud connaît un destin funeste. Mise en service en 1906 sur la ligne 3, elle est fermée en 1910 après qu’un effondrement dans le tunnel voisin ait fait plusieurs morts parmi les ouvriers.

Jugée trop dangereuse, elle n’a jamais rouvert, devenant l’une des 4 stations fantômes du 20e arrondissement.

10. Molitor, fantôme éphémère de la ligne 9

À ne pas confondre avec Porte Molitor, la station Molitor a connu une existence très brève sur la ligne 9.

Ouverte en 1923 entre Michel-Ange – Molitor et Porte Molitor, elle est fermée quelques mois plus tard, la décision ayant été prise de ne finalement pas la mettre en service. Une station fantôme éphémère qui n’aura existé que sur les plans du métro !

11. Gare du Nord USFRT, le terminus fantôme de la ligne 5

Lorsque la ligne 5 fut prolongée jusqu’à Bobigny en 1985, le terminus technique souterrain Gare du Nord USFRT (« Underground Station for Rolling Stock Training ») a été créé pour permettre le garage des rames.

Méconnue du grand public, cette station fantôme connectée à la Gare du Nord est réservée à un usage technique et strictement interdite d’accès aux voyageurs.

Ces 11 stations fantômes parisiennes témoignent de l’histoire tourmentée et fascinante du réseau métropolitain. Oubliées, reconverties, parfois jamais ouvertes, elles attisent la curiosité des passionnés comme du grand public. Des lieux mystérieux et insolites qui participent à la richesse du patrimoine ferroviaire de Paris.