Entrevue avec Yanick Parent

À l’aube de la quarantaine, Yanick Parent n’a jamais été aussi en forme. Et c’est tant mieux, car c’est un restaurateur de renom à qui nous devons notamment le Bellola Bûche et le Savini. Des projets plein la tête, cet entrepreneur nous explique sa vision de la vie, du succès et de l’équilibre.

 

Yanick, vous avez marqué l’univers de la restauration dans la Vieille Capitale! Nous aimerions savoir comment se meuble l’une de vos journées de travail.

Une journée de travail? Attends… Je ne vais pas travailler moi! Je ne suis pas un gars de bureau! La journée commence, je me rends dans mes restaurants, je prends mon café… et je m’amuse! Je vis quelque chose d’extraordinaire!

Puis, si je me rends compte, une journée que je suis « au travail » … bien je vais faire autre chose, car je ne serai pas à mon meilleur! Je le sais parce que quand ça ne me tente pas, je fais chier tous mes employés… pis c’est pas correct, ça!

Et est-ce déjà arrivé que vous êtes simplement entré dans l’un de vos restaurants pour ensuite tourner les talons?

Bien sûr que c’est arrivé! Mais attention, je n’ai pas toujours été comme ça. Avant, je m’écoutais beaucoup moins.

Comment étiez-vous?

Stressé! J’étais malade de stress et d’angoisse. Je n’avais pas du tout l’équilibre de vie que j’ai maintenant. Comment peut-on être performant et heureux quand on vit dans ces conditions?

Effectivement! Je présume que maintenant les choses ont bien changé pour vous?

Et comment! Maintenant, je prends soin de moi.

Premièrement, je prends le temps de m’asseoir pour manger. Je fais du sport, je dors mieux. Bref, j’ai retrouvé l’équilibre. Et savez-vous quoi? Mes business sont elles aussi en bien meilleure forme!

Yanick, quel est le secret pour avoir tant de succès?

Le succès… je pense que ce n’est pas quelque chose que tu as ou que tu tiens dans tes mains. En tout cas, pas moi!

Même si mes restaurants sont remplis à craquer et que ça fait la file dehors… je ne dois pas m’asseoir sur mes lauriers! Sinon… je risque de devenir mauvais! (rires)

Yanick, vous devez certainement faire quelque chose de spécial pour que vos trois restaurants se remplissent à craquer comme cela.

(rires) OK alors! Je donne de l’amour au client. Et j’en demande autant au staff.

Pour moi, quand un client choisit de venir manger dans un de mes établissements, c’est une marque de respect. Et je fais en sorte de lui offrir une expérience agréable. C’est tout.

Avec tout ce bagage que vous avez en restauration Yanick, parlez-nous de votre plus grande désillusion en carrière.

Oh, c’est sûr qu’en tant qu’entrepreneur, nous pouvons en vivre beaucoup…

Mais ce qui me fait le plus mal, c’est ceux qui s’improvisent critiques culinaires et qui font les smattes sur des sites comme TripAdvisor en venant descendre la qualité de la bouffe qu’on sert aux clients. Je dois faire attention et me retenir pour ne pas les traiter des crétins… mais je suis plus intelligent que ça! (rires)

Je ne dis pas que les gens n’ont pas droit à leur opinion. D’ailleurs, j’ai un immense respect pour les VRAIS critiques culinaires. Ça nous permet de nous améliorer. Mais ceux qui se cachent derrière un écran pour nous insulter sur les réseaux sociaux… oui, ça me décourage.

Et après toutes ces années passées dans le métier, de quoi êtes-vous le plus fier?

Je dirais que c’est de m’être choisi. Car malgré le temps que demandent mes business, j’ai un entourage que j’adore auquel je peux accorder du temps de qualité.

Maintenant, j’ai du temps aussi bien pour mon fils de 3 ans qui a besoin de voir son papa que pour un de mes gars que je dois rentrer en thérapie. Je peux également enfourcher mon vélo et pédaler pendant des heures. J’ai réussi à me créer un équilibre à l’extérieur du travail.

Yanick, vous parlez des membres de votre équipe comme de votre propre famille.

Oui, c’est exactement le cas. J’approche de la quarantaine et j’ai la chance d’avoir autour de moi les mêmes gars que quand j’avais 19 ans. Si tu n’appelles pas ça une famille, je ne sais pas ce que c’est!

Nous avons partagé beaucoup. Nous nous respectons. S’ils m’appellent en plein milieu de la nuit pour que j’aille les chercher au poste parce qu’ils ont trop bu, je ne me pose pas de question et j’y vais.

C’est très touchant ce que vous dites. Et très beau aussi.

Peut-être… Mais je n’ai pas toujours été comme ça!

Et qu’est-ce qui vous a fait changer?

Je pense que c’est quand j’ai rencontré ma conjointe. Elle m’a fait réaliser combien l’équilibre est important. Ça m’a changé.

Pour terminer Yanick, de quelle façon parvenez-vous à vous ressourcer?

Avec le vélo de route! C’est mon associé qui m’a initié à cela et maintenant, je ne peux plus m’en passer. Maintenant, quand j’ai du stress à évacuer, je sors rouler un peu et ça me fait un bien fou!

Avant, c’était des voitures de course qui s’entassaient dans mon garage. Maintenant, j’ai troqué le tout pour des vélos de route!

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2017-10-10

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